Alain Cocq est devenu handicapé à cause d’une maladie dégénérative incurable qui réduit progressivement les capacités physiques.
En 1994, il réalisé un tour de France en fauteuil roulant avec l’aide de l’APF France Handicap et de la Croix Rouge, au cours duquel il a présenté un projet de loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, qui est devenu la loi du 11 février 2005.
En 2020, en phase avancée de sa maladie, il était cloué au lit sans pouvoir accomplir le moindre geste de la vie quotidienne. Les médecins n’arrivaient plus à soulager ses douleurs atroces : morphine, opiacés, cortisone, rien n’y faisait ; même le fait de l’aider à bouger dans son lit, lui faisait terriblement mal. Il a écrit à Emmanuel Macron pour « pouvoir bénéficier, à titre compassionnel, du droit à une fin de vie avec une assistance active du corps médical » en précisant que « le fait d’imposer à tout être humain des souffrances insupportables ou inhumaines sont assimilées à des actes de torture et de barbarie ».
Après le refus de Macron, ses souffrances atroces l’ont conduit à faire les démarches afin de bénéficier d’un suicide assisté en Suisse, ce qui lui a été accordé le 15 juin 2021.
M. Cocq remplissait les conditions cumulatives du projet de loi actuel que APF – France handicap soutien.
J’ai personnellement eu plusieurs conversations téléphoniques avec Alain Cocq après sa lettre à Emmanuel Macron. Malgré son sens d’humour, j’entendais à sa voix qu’il n’allait pas du tout bien, jusqu’au jour où il m’a dit que sa demande de suicide assisté a été acceptée. Ce jour-là, il avait la voix heureuse, clairement soulagé.
Refuser à une personne comme Alain Cocq la possibilité d’une aide à mourir au nom de la défense des personnes handicapées témoigne d’un véritable manque d’empathie.