Fin de vie réfléchie

Fausse certitude #29

Le droit à l’euthanasie mettrait en question le droit à la vie.

Le droit à la vie n’équivaut pas au devoir de vivre en toutes circonstances.

Dans une situation où la vie d’une personne est essentielle à la survie de ses dépendants, on pourrait arguer de son devoir de vivre. Mais à l’inverse, si une personne est tombée dans la dépendance du fait de sa maladie, sans autre perspective que des souffrances insupportables, en vertu de quel droit pourrait-on lui imposer le devoir de vivre contre son gré ? Et ce dans un État laïc.

Actuellement, dans ce cas de figure, le seul choix possible du malade est celui d’une mort lente par arrêt de traitement, souvent par dénutrition et déshydratation, et en laissant le temps faire ses ravages…Pour arriver à la même fin, pourquoi ne pas autoriser le suicide assisté ou l’euthanasie qui s’avèrent être des moyens plus efficaces et moins pénibles, donc plus humains ?

Il est pertinent de noter que les gouvernements de l’Autriche, de l’Allemagne et de l’Italie, ont été enjoints, par leur juridictions suprêmes[1] de légaliser l’aide active à mourir, y compris au nom du respect au droit à la vie, en référence à l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme.

Rappelons enfin que là où les droits à l’euthanasie et au suicide assisté sont reconnus, cela n’inclut pas de « devoir d’euthanasie ou d’assistance au suicide » ni pour le patient ni pour le médecin. De ce point de vue, un parallèle pertinent est celui du droit à l’interruption volontaire de grossesse : personne n’est obligé d’y avoir recours mais, pour celles le désirant, les lois de notre république laïque le permettent et l’encadrent.


[1] La Cour constitutionnelle en Autriche, le Tribunal constitutionnel fédéral en Allemagne et la Cour constitutionnelle en Italie.